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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 13:00
J'ai pris tout mon temps pour parler du jeûne. Que dis-je ? Pas du jeûne, vaste continent si j'en juge par le peu que j'en ai découvert, mais de mon expérience du jeûne.
 
Jeûner, c'est cesser de se nourrir.
 
Ayant l'habitude de dîner tôt (on s'est habitué à cette énormité sémantique : dîner signifie maintenant prendre le repas du soir, alors qu'étymologiquement, c'est celui du jour, dies) et de me contenter d'un verre d'eau au lever, je jeûne donc près de 18 heures par jour, depuis plusieurs années.
 
Cette fois-ci, sur plusieurs sollicitations, dont celles de mon corps chargé en toxines et en douloureux cristaux, j'ai sauté un grand pas : j'ai jeûné une semaine.
 
Mme VJ, au début, ne voulait pas m'accompagner. Elle s'y est ensuite résolue, mais un peu à reculons.
 
Comme il me paraissait impossible de jeûner sept jours chez moi, sans aucune notion de la pratique du jeûne, de ses difficultés, des éventuels risques qu'il peut induire, et que nous aimons marcher, nous nous sommes inscrits dans l'un des lieux affiliés à l'organisation  "jeûne et randonnée", à Mouriès, dans les Alpilles.
 
Nul doute que le cadre et l'encadrement ont été une aide précieuse à la réussite de ce projet.
 
Car, disons-le tout de suite : ce fut un succès, à plusieurs titres.
 
Un succès ? Mieux : une véritable révélation.
 
Mais faisons d'abord le récit de cette aventure.
 
Pesant 94 kg pour 1.78 m, j'étais en surpoids. Lorsque je cessai de pratiquer les arts martiaux à 40 ans, pour cause de manque de temps, je passai de 75 à 95 kg. Peu d'activité physique, une nourriture riche (vin, fromage) mais plutôt végétarienne. Bureau, voiture, ordinateur, téléphone. Douleurs chroniques dans les épaules,les cervicales, les lombaires. Un point constant sous le nombril. Deux crises de calculs en 5 ans.
 
Les cures thermales améliorent un peu cela, mais je savais bien que l'alimentation était la cause principale de ces déboires. 
 
L'adoption des jus de légumes il y a trois mois m'avait déjà permis de perdre 4 kg de graisse superflue, sans efforts ni effets secondaires désagréables. 
 
Mais, et c'est à mon avis la question principale, qui se pose à tous, l'obstacle majeur : comment changer d'alimentation ? Facile à dire, demain j'arrête, mais difficile à faire, sauf à avoir une volonté de fer, pas trop rouillée. Et puis, il y a les restaus, les parents, les enfants, le milieu, quoi, qui continue sur sa lancée et vous entraîne, emportant toutes les bonnes résolutions comme une crue emporte des feuilles mortes.
 
Oyez, braves gens : une semaine de jeûne rénove tout, met tout à plat. La reprise alimentaire, si elle est bien faite, est l'occasion idéale de changer de trajectoire et d'habitudes.
 
Quelques jours avant le début, nous avons reçu les instructions pour la descente : sur plusieurs jours, diminuer puis cesser les aliments carnés (viande, oeuf, fromages), puis les protéines végétales (légumineuses), les féculents, pour peu à peu se contenter de légumes crus et cuits, et de fruits.
 
Puis, à J - 1 : une vigoureuse purge au jus de pruneau pour chasser le contenu des intestins; car, ça coule de source, quand on cesse d'engouffrer de la nourriture, rien n'appuie plus sur les fèces qui alors fermentent, se putréfient, et risquent de vous empoisonner.
 
Nous sommes partis un samedi matin en pleine chaleur, à jeun depuis la veille au soir. Sept heures de route ont été pénibles à cause d'une énorme circulation, mais pas de problèmes du côté de la sphère digestive, ni de l'humeur.
 
A l'arrivée, on a fait connaissance avec le staff, les GO, quoi, et les 11 autres jeûneurs, hommes et femmes (1/3 d'hommes pour 2/3 de femmes, comme toujours), de 25 à 71 ans.
 
Sur treize, huit n'ont jamais jeûné, une entame son huitième jeûne, un autre le cinquième.
 
N'étant pas journaliste, je n'ai pas tenu de journal. Je livre donc mes impressions en vrac.
 
Un tour de table sur les motivations de chacun fait ressortir des thèmes récurrents : se nettoyer, perdre du poids, retrouver la forme. Il y a peut-être d'autres motivations plus intimes, mais elles n'apparaissent pas. Moi, j'ajoute : faire une expérience inconnue, et surtout partir à la découverte des mécanismes de la faim.
 
Mes amis des premiers temps se souviennent peut-être que j'ai tenu un autre blog, sur le sujet pour moi éternellement sensible de la faim, cette pulsion torturante.
 
Jean-Pascal, le guide de la cordée, nous décrit les symptômes possibles qui risquent de survenir, dans ce qu'il appelle un "jeûne détox", pour le différencier des jeûnes dits "longs", et/ou "thérapeutiques".
 
Nous risquons d'avoir des migraines, la langue chargée, l'haleine pourrie, des nausées, des fatigues, et une crise d'acidose
 
Pour faire bref, tout le monde a eu plus ou moins, plus ou moins rapidement, plus ou moins longtemps, tout ou majeure partie des symptômes.
 
Et, remarquable unité, personne n'a eu faim. Pour être plus précis, c'est important : les corps n'ont jamais souffert de la faim. Les mentaux, eux, n'ont cessé de tourner autour de ce sujet fascinant : la bouffe. Moi, j'ai rêvé de moules, au curry, parce qu'en froissant une fleur séchée d'immortelle trouvée sur le chemin, son puissant parfum m'y a fait songer. Puis de mouclade, au vu des aiguilles de pins que les ouvriers communaux ratissaient en tas, dans les rues de Mouriès. D'autres parlaient d'andouilles, de choucroute, de recettes, de délices un jour dégustés, de vins, de Troisgros. Il paraît que c'est LE sujet de conversation, les premiers jours.
 
Mais donc, et cela est important : le corps ne souffre à aucun moment de cette terrible sensation : la faim.
 
Nous avions quand même, parce que nous ne sommes pas des héros, un verre de jus de fruits pressés le matin à 8 heures, avant de partir marcher 3 ou 4 heures, et un bol de bouillon clair de légumes à 17 heures. Tisanes et eau à volonté. Évidemment, il faut aider le foie à se débarrasser des agrégats que lui envoient les muscles sollicités par l'exercice. 
 
Je passe, ce n'est pas mon propos, sur les soins complémentaires : sauna, jacuzzi, massages, irrigation du côlon, etc. qui ajoutent à la detox.
 
Bien sûr, le sujet est à la mode. Nombreux sont ceux qui rêvent de se nourrir de prana. Difficile d'accès, à mon avis, sans passer au préalable par un exercice suffisant du jeûne. Arte a diffusé un film en 2012 et le rediffuse ce soir, sur ce dernier sujet. Ce film a contribué à relancer fortement le débat. C'est un film orienté, favorable au jeûne, fait par des adeptes de la privation volonataire de nourriture. Le mot "volontaire" est important. Subir la privation est complètement différent.
 
En face, comme on le voit à 6.17 de cette video déjà ancienne, des gens qui n'ont aucune expérience personnelle, et qui déclarent que le jeûne est dangereux, voire extrêmement, et même mortel.
 
 
 
J'ignore s'il s'agit de sottise, ou d'une tentative malodorante de faire peur, encore et toujours, pour garder le pouvoir.
 
Mais regardez le public, vous verrez ce que je rencontre à chaque fois que je parle de mon expérience : doute, incrédulité, découragement (moi, j'pourrai jamais; déjà, si je saute un repas, j'ai des migraines), méfiance, etc.
 
Facile donc d'attiser la peur, comme on soufle sur un feu de brindilles.
 
A la fin de notre expérience, Jean-Pascal nous a félicités : bravo, a-t-il dit, car pour vivre cela, il faut déjà avoir bravé l'entourage, la coutume, le fardeau des habitudes, sa propre peur.
 
C'est vrai. Si nous avons déclaré à quelques amis notre projet, nous l'avons tu à d'autres personnes, à mes beaux-parents, par exemple, pour lesquels manger est le pivot de l'existence. Leur dire, par dessus, qu'on paie pour ne pas manger ! 
 
Oui, on paie, bien sûr : le gîte, et ses commodités, le cadre, l'accompagnement dans les randonnées, l'heure de yoga ou de qi gong du soir, les conférences sur la nutrition, la naturothérapie, les plantes, les huiles essentielles, et puis on permet à des gens comme Jean-Pascal de se former, d'être disponibles malgré les tracasseries : deux descentes de gendarmeries en un an, avec interrogatoires des jeûneurs, diligentées par ces gens qui vous aiment tant, la Miviludes, qui veulent votre bien, malgré vous, contre votre propre volonté, votre propre sagesse, l'ordre des médecins, seul détenteur de l'art de guérir, contre la sagesse de votre propre corps, dans le contexte de la suspicion des voisins, du dépit des restau et des épiciers qui ne vendent et ne vendront jamais rien à ces putains de membres de secte, de la jalousie et de la rancune de ceux qui ne sont jamais sortis et ne sortiront jamais de leur marécage.
 
Alors moi, mon pognon, celui que me laisse l'Etat, je le donne à des gens comme ça, qui savent de quoi ils parlent, parce qu'ils l'ont longuement et souvent expérimenté eux-mêmes. C'est mon oeuvre de bienfaisance. Je protège ainsi les navigateurs en solitaire et les espèces menacées. Mais expliquer ça à mes beaux-parents, j'y renonce.
 
Côté bénéfices : après avoir évacué les symptômes, donc les toxines, après avoir eu la bouche pâteuse et infecte, la langue jaune, verte, blanche, des flatulences, une douloureuse crise d'acidose une demi-journée durant, une recrudescence des douleurs lombaires et cervicales, après cinq jours de marche tranquille dans les Alpilles - là, tout devient facile -, de jeûne tranquille, de tranquilles conversations avec nos amis jeûneurs, pour la plupart des gens qui travaillent, s'assument, sont doux et prévenants et n'ont pas le profil des dangereux sectaires endoctrinés qu'on présente aux foules endormies, après cinq jours de détente mentale, aussi, c'est bien de jeûner aussi du boulot, des responsabilités, des différents contextes habituels, j'ai atteint un degré de santé encore inconnu.
 
Un degré de santé jamais atteint, je pèse mes mots. Une forme physique éblouissante. Plus aucune douleur articulaire.
 
Sans oublier cette curieuse sensation d'être devenu libre de choisir. Choisir quelle serait dès lors ma nourriture. Et donc mon existence. Libre, quelle drôle de sensation !
Au moment de la reprise alimentaire, nous envisagions sereinement de continuer l'expérience. Pour certaines raisons, ce n'était pas possible. Mais nous avons déjà décidé de jeûner 21 jours, ce qui, compte-tenu de la préparation et de la reprise, nécessite une quarantaine de jours disponibles, ce qui repousse le projet à quelques années, après la date fatidique de la "retraite". 21 jours, ou plus, pourquoi pas ?
 
Car, si le corps exulte déjà, nous avons bien senti que d'autres découvertes sont à portée de main, un peu plus loin.
 
L'expérience n'est qu'à son début. Au delà, nous pressentons une acuité des perceptions, externes et internes, qui est le moyen unique de nouer le contact avec l'Être essentiel qui nous sous-tend.
 
Qu'on rencontre parfois dans la vie diurne par "hasard", par la méditation, la transe, les plantes sacrées, la contemplation de la beauté, l'amour.
 
Mais cette voie proposée, comme l'est l'expérience du silence, ou de la continence sexuelle, tout le panel des techniques qu'ont toujours utilisé les "chercheurs de Dieu" a un charme particulier : elle procède à l'inverse de tout ce que le monde nous sert de force.
 
Au gavage, voir au viol de toutes les portes de la perception, elle substitue la privation. Et, miracle, la privation n'est pas douloureuse. Ce n'est même pas une privation. Quel vilain mot. A moins qu'on n'entende : moyen de se retrouver en privé.
 
Le jeûne - mon expérience du jeûne, j'insiste sur ce point, il ne s'agit que de la mienne -, c'est une expérience de détachement, de légèreté, de liberté, et, pour finir, de parfaite santé.
 
Je pesais 85 kg le jour du départ.   Depuis, je n'ai pas repris. Mes douleurs ne sont pas revenues. Mes filles m'ont trouvé superbe. Mme VJ est resplendissante. Lila m'a trouvé un air de jeunesse qu'elle n'avait pas encore remarqué. Nous nous nourrissons de fruits et de légumes. Bien sûr, il faudra aussi participer aux repas familiaux, professionnels, mais un peu de diète après y remédiera. Rien d'inquiétant.
 
Voici ce que je voulais dire : mon expérience. Limitée, certes, une seule fois, une semaine seulement.
 
Mais une réussite éclatante. Mme VJ est exactement de cet avis pour ce qui la concerne. Nous comprenons très bien que sur 13 jeûneurs, cinq revenaient, tant c'est bénéfique.
Alors, quand de sombres agitateurs d'épouvantails qui n'ont pas la moindre expérience personnelle en ce domaine vous diront, en fronçant les sourcils, que c'est extrêmement dangereux, que vous êtes un irresponsable, une victime du discours sectaire, que vous pouvez mourir, posez-vous cette simple question : Qui croire, celui qui a fait le pas, a expérimenté sur lui-même, et n'a rien à perdre ni à gagner en termes d'avoir et de pouvoir, ou celui qui ne sait rien par lui-même, colporte des rumeurs, brandit l'anathème et des menaces, et a tout à perdre à ce que les humains s'engagent sur le chemin de leur liberté ?     
 
 
 
 

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Published by Vieux Jade - dans attention ça pique
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commentaires

elba 07/10/2013 12:39


Super ! Merci d'avoir partagé votre expérience.


Le jeune m'attire beaucoup, mais comme sans doute pas mal de gens, je me donne toujours de bonnes raisons de repousser l'expérience. L'une d'entre elles, et pas la plus mince, c'est que mon
travail me donne tout juste de quoi payer mes factures. Et puis, j'économise pour pouvoir passer mes quelques jours de vacances avec mes filles et mes petits enfants qui vivent assez loin de
moi...


Une autre "excuse", c'est je l'avoue, le fait d'être seule et de manquer de motivation pour "faire le pas" - "à deux c'est mieux" serinait un vendeur de paquets de chouchous autrefois lorsque
j'étais un jour à la plage. Il avait raison : à deux, c'est toujours mieux. - Mais comme LLéa, je suis une grenouille sans crapaud. ^^


Peut-être trouverai-je une copine/grenouille qui voudra bien m'accompagner dans cette expérience ? Peut-être aussi attendre d'avoir plus de temps disponible (retraite) ? On verra bien.


Je suis tout de même ravie de vous avoir lu, d'avoir un témoignage de plus sur le nettoyage bénéfique que procure le jeune "sous surveillance". La petite graine que j'ai déjà depuis quelque temps
au fond de moi va peut-être, je l'espère, finir par germer et faire en sorte que je m'y mette moi aussi.





 

Vieux Jade 08/10/2013 08:19



Oui, c'est "cher". Il y en a des plus, et des moins chers. Il est parfaitement possible de pratiquer seul, mais il faut un minimum de précautions, et de ténacité, certainement. Sans parlerr du
fait que le moral pourrait bien dégringoler.



LLéa 26/09/2013 00:29


Benoit,


 


Bon rétablissement. :)


 


 

LLéa 23/09/2013 12:56


:)


 


Jadou,


 


Attention. Sois prudent. Vigilance turbo.


Crapaud = prince. Crapette = princesse. 


A l'envers.


Prince = crapaud. Princesse = crapette.


 


Le loup ne se déguise t'il pas en agneau?


 


:))))

Vieux Jade 23/09/2013 18:39



Je suis tout à fait informé de ces choses là. Quand j'ai rencontré Mme VJ, c'était une reinette. J'ai tenté ma chance et ! elle s'est transformée en princesse ! Depuis, j'embrasse toutes les
grenouilles que je rencontre. Ca ne marche pas à tous les coups.


Pis j'évite d'embrasser les crapauds. Pas la peine de susciter la concurrence ;)



LLéa 23/09/2013 12:48


Bonjour Maestro, bonjour a toutes, tous,


 


Aurais tu nettoyé tes lunettes avec une tranche de .... pomme? Attente était mis entre de petits tirets. :)


 


 


 





attente : 8 synonymes.





Synonymes affût, angoisse, désir, espérance, espoir, expectative, perspective, souhait.


 


Etre dans l'attente est souffrance. La non attente est liberté. Et cette liberté a des frère et soeurs. L'amour, le don etc .... Et tout être étant dans un tel état, n'attire qu'a soi les
mêmes états. D'âmes. Bien sur, il y aura toujours des "parasites". Mais vu la force de cet état d'amour, ils ne supportent pas longtemps que le coeur soit si présent, s'éloignent et
retournent a leur état "mental" et calculateur.


 


Les sorbiers des oiseleurs croulent sous les baies. Tout amoureux de la nature sait .... 


Bisous gros, belle journée,


 


 


 


 


 




Vieux Jade 23/09/2013 12:55



J'ai compris exactement ça il y a 2 ou 3 jours : qui attend n'est pas présent.


Et on n'attire que ce qui nous ressemble.


Vrai aussi.


Bravo, Mme Lléa.


;)


 



Benoit 22/09/2013 13:37


Merci pour ce témoignage Vieux Jade.


En effet, rien ne remplace l'expérience, quelle qu'en soit la nature.


Je viens de me "crouter" en moto et le receptacle temporrel et corporel de mon âme en expérimentation terrestre m'impose de réfléchir nombres de mes mouvements pour ne pas trop grincer !


 


Je pensais bien ne pas avoir de fractures, mais les relations disaient: Vas consulter, tu risque des complications ...


Urgences, radios, tout est ok, quelques ligaments fragilisés mais bon, cool. 


Savoir s'écouter, écouter son corps, écouter l'autre aussi, bref vivre et partager.


T'es un "sacré" bon-homme VJ ! Merci !

Vieux Jade 23/09/2013 07:46



Merci, d'un certain point de vue, sans doute que je suis cela, et en même temps, un homme normal. Enfin, ça dépend sûrement de la norme employée. Mes amis (et mes amies) sont tous des gens
"sacrés", que j'honore et respecte.


Parce que si on ne nous montre que les bipèdes qui vivent en cage dans leurs immondices, et qu'on appelle ça des humains, ce n'est pas une vie normale. La vie normale, c'est une vie tournée vers
le centre et la beauté.


Peut-être peux tu essayer de jeûner, après cet accident. Le corps aimerait sûrement.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

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Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.