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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 11:37

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Bien que ce blog soit bardé d'avertissements : lecteur en quête de dogme, de confort, de leçons, de satisfaction de tous ordres, passe ton chemin !

 

Bien que j'ai fait à plusieurs reprises les pentagrammes interdisant ma porte à quiconque me prendrait pour une pâtisserie, orientale ou occidentale - la seule différence entre les deux étant que lorsqu'on y ajoute un B, orientale devient orientable, comme mon parasol, ce qui est très pratique, alors qu'occidentable ne sert pas à grand chose (d'ailleurs la cote de l'occidentable est nulle, surtout en Orient).

 

Bien que je susurre, que je brame, que je hurle, affiche, placarde en gros : IAMNOTAGURU,  juste quelqu'un qui se promène ça et là, à la surface de la bulle, invité, Candide, peut-être, témoin, même si je ne jéhovah pas vraiment pourquoi c'est tombé sur moi, mais pas farouche, je fais avec,

 

Bien que, bien que, bien que...

 

J'ai parfois une trace de vieux relent de doute et de suspicion comme quoi certain(e)s pourraient me prendre pour guide et chef de cordée.

 

Alors, tout de suite, encore et encore, je dis, je redis : ce qui me traverse vous traverse aussi. Je ne sais rien. Je ne suis rien de plus que quiconque (rien de moins non plus). Un trou du cul sur pattes, qui suppute. Lilliputien. Microbe. Comme le phare alterne sage/fou/sage/fou/ et cherche à se rallier lui-même à cette lumière, quand souffle la tempête.

 

Si cordée il y a, peut-être me sauverez-vous. 

 

Je ne refuse plus rien, sauf ce que j'ai cherché presque toute ma vie : me sauver.

 

Je ne veux plus me sauver.  Je veux périr en capitaine de mon bateau, à la barre, même si loin de tenir la barre, je m'y accroche pour ne pas être renversé. Tant qu'il restera sur le rafiot une femme, un enfant, un homme perdu qui souffre, je resterai. Car tout ce qui souffre est moi. Comment partir dans ces conditions ?

 

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Published by Vieux Jade - dans attention ça pique
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commentaires

val 21/12/2010 19:56


Cher Jade,

c'est justement parce que vous décrivez comment vous vous accrochez à la barre tant bien que mal que vous êtes si proches de nous tous, nous qui nous tenons aussi à côté de vous sur nos petites
embarcations au travers des flots qui montent.Nous entrons dans les temps où tout doit finir de se déconstruire et après la tempête, il y aura probablement du beau temps. Sans être un gourou, vous
êtes un miroir pour beaucoup d'entre nous. Pour moi spécialement, votre capacité de recul sur la vie et votre finesse d'analyse me permet de relativiser plus et plus vite certains constats
difficiles. Vous avez un très beau rôle dans cette superproduction et de nombreux spectateurs et spectatrices, mais ni vous ni moi ne savons comment se comportera notre embarcation sur la mer
démontée. Continuons simplement à voguer les uns à côté des autres, ce sera déjà pas mal, qu'en pensez-vous ?

Bises marines.


Vieux Jade 21/12/2010 20:15



Voguer, nager les uns avec les autres, ce serait effectivement le mieux. Le mot "capitaine" prête à confusion, je m'en rends compte. Pour moi, ça symbolisait plus la volonté de ne pas partir
avant la fin, de ne plus "me sauver" que d'être le chef (cap). Le chef de moi-même, oui. Tout en sachant aussi bien que, comme le rappelait Léa, ce n'est pas le "petit chef" qui décide de
l'aventure.Mais le "petit chef" peut décider de rester jusqu'au bout.


 



LLéa 21/12/2010 17:18


Bonjour ,

Merci Jade .


"J'ai parfois une trace de vieux relent de doute et de suspicion comme quoi certain(e)s pourraient me prendre pour guide et chef de cordée."

Oh que non , chacun est "maître" de son rafiot . Pour un temps , du moins . Et pour la noyade finale ce n'est pas le capitaine qui décide . L'abdomen ceint de mille bouées , la bouche garnie de
tubas , ne serviront a rien . :)

"Si cordée il y a , peut être me sauverez vous " .

Cordée ? Pas question ! S'encorder revient a s'attacher les uns les autres , faire de gros noeuds . Lorsque le premier de cordée tombe dans une faille , une crevasse , les suivants n'ont que peu de
chance de s'en sortir . Donner les mains , oui ! Et savoir a quel moment lâcher pour ne pas mettre les autres en danger . Et de plus une corde c'est rèche , les mains sont douces .....


Bises , Léa .


Vieux Jade 21/12/2010 19:00



Oui et non. Cordée, de corde, a un lien avec le coeur. Vieille histoire bouddhiste (?) où quelqu'un dans les enfers (ici) aperçoit une corde jetée depuis le haut. Il grimpe, grimpe, approche du
ciel vu par un trou. Alors la corde s'alourdit : d'autres grimpent. De peur de ne pas sortir, le premier prend son couteau et coupe la corde sous lui: ceux qui suivaient tombent. A ce moment,
celui qui tenait la corde en haut lâche, et le bonhomme s'écroule avec.


Couper la corde, c'est ne pas savoir que l'autre est soi.


Mais c'est vrai que le plus souvent, la paume des mains est plus douce qu'une corde. Il faudrait le demander à ceux que le bourreau a étranglé: eussiez vous préféré la corde ?



Ex-capitaine PerleLavande 21/12/2010 15:56


Ahaaa...... le pouvoir des mots sur le mouvoir des peaux ! D'un bon j'ai failli reprendre le fouet caché sur le toit de l'armoire ! Et lacérer cet écran et ce texte qui parle de tenir la barre de
ce p...ain de rafiot. Être capitaine c'est mourir pour les autres, jouer les héros, lire la peur sur les visages des femmes et des enfants qui s'accrochent à ce qu'ils peuvent lorsque la houle les
ballotte. Capitaine ! Ne les vois-tu pas ricaner, cachés dans leur capuche, de plaisir de voir ta culpabilité et ton impuissance pour tenir à flots ta coquille de noix ? Capitaine, ton second joue
aux cartes pendant que tu ramasses des seaux en pleine poire sur le pont. Capitaine, les enfants hurlent pour t'empêcher de t'endormir. Capitaine ! Si tu prend 3 minutes pour avaler une soupe, elle
sera froide et bien arrosée d'eau de mer. Capitaine ! Ta moitié attend qu'une vague te fasse passer par dessus bord. Prévert à écrit : Un homme à la mer ! Une femme à l'amour. Signé : la veuve du
capitaine.
Je rajoute : Et" vices et vers çà", si possible ! A grand coup de rames dans les dents!


Vieux Jade 21/12/2010 18:49



Ah, le sujet fait polémique.


Moi, je n'ai pas de fouet sur l'armoire, pas de fantasme de ce genre : mes parents me donnaient le martinet et ça m' a suffi pour toute la suite. Je n'aime pas souffrir, et n'aime pas faire
souffrir.


Mais cette révolte montre l'endroit qui te fait mal. Cet endroit, ce texte te blesse. La cicatrice est encore fraîche. Je le comprends, mais j'ai d'autres raisons: comme je l'ai dit, j'ai eu
envie de me barrer presque toute ma vie. Alors les autres, qu'importe ?


Et j'ai changé. Je me suis mis à voir les autres. Et plus je les voyais, plus je ressentais leur souffrance. Leur comédie aussi, faut pas être idiot.


Et un jour, j'ai compris quie l'autre, c'est une image de moi. Alors comment pourrais-je partir en laissant ici des morceaux de moi ?


Mais le sujet est explosif. C'est un des grands thèmes qui nous scie en deux : je fous le camp, tous des cons/j'emmène tout le monde, ce sont tous mes frères.


A chacun sa réponse, et, en vertu de l'art de la marche, qui consiste à avoir deux pieds qui prennent le truc en charge chacun à son tour, on a le droit de changer de réponse, pourvu qu'on marche
avec sincérité.


Jette ton fouet.



danielleg 21/12/2010 12:14


Donc, mon cher Jade vous nous suspicionner!
Pour moi,vous êtes simplement un Ami.
Avec lequel on peut échanger,sans être jugé!
Un vrai partage,il me seble que c'est assez rare.
Entre vous,et comme vous l'appelez Madame Yog, danielle est comblée!


Vieux Jade 21/12/2010 12:54



Ce texte sort de la cave. Je l'ai écrit il y a assez longtemps, juste rafraîchi avant de l'ouvrir. A l'époque où il a été mis en bouteille, je ressentais un peu cette crainte, que certains
lecteurs investissent plus que de raison sur mon vieux cheval.


Honoré d'être votre ami.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.