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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 12:34

La traiter de voleuse serait indélicat et inapproprié, et je ne suis pas sûr que je l'accepterais sans broncher. C'était une fervente collectionneuse, et surtout dans sa jeunesse. Elle aimait beaucoup ramener chez elle tout ce qui traînait, abandonné, les jouets des enfants du voisinage, le linge qui séchait, des bâches, des draps, des paillassons. Des chaussures de toutes sortes, de la botte caoutchouc à la paire d'espadrilles, il y en avait pour tous les goûts. Une assez jolie brocante. Un grand éclectisme, gage d'un esprit ouvert.

 

Ainsi que, parfois, des poules. Plus ou moins vivantes. Souvent moins. Un soir d'échec, elle est revenue avec un plomb dans le nez. 

 

Sans parler du contenu des poubelles lorsque d'aventure un sac excédentaire était posé le lundi soir au pied des conteneurs. Bouteilles plastiques, couches, tampax, boîtes de conserves jalonnaient le parcours. 

 

Le jour où l'électricien venu poser une sonnette avait laissé son camion ouvert fut son jour de gloire. La caverne d'Ali Baba, la maison en pain d'épices, la loterie universelle : en une petite heure, elle avait constitué un assez joli stock de fils de toutes les couleurs, et de gaines itou. Ramener le paquet de vis et les chevilles fut un peu plus ardu. On a passé un quart d'heure à trois à les ramasser entre le camion et sa niche.

 

Malgré les altercations qu'ont pu causer ma divergence de point de vue à ce sujet, moi qui suis un humain assez strict sur le chapitre de la propriété, (malgré ma conviction que la propriété est une connerie à dépasser), et quant à la collecte manuelle le mardi matin des ordures ménagères éparses, c'était ma meilleure amie chien. Avec la Léda de mon enfance, à laquelle je confiai toutes mes peines d'enfant. Elle avait la couleur d'un renard, et un amour sans faille. Sa maman était boxer, fauve, et son père un vieux labrador noir de passage, placide et couillu.

 

Elle est morte durant la nuit du 30 août, des blessures reçues le jour précédent par des chiens errants. A sept ans.  

 

Si le Ciel reçoit les ânes, il doit bien accepter les chiens. Ce serait quoi un Ciel d'où on les refoule ? C'est pas rien, un chien, ça donne tout, sans restriction. Ça pardonne tout, aussi, les colères, les énervements, les coups de gueule, les coups de ceinture. Ça en sait beaucoup sur la vie, l'amour, l'engagement, la fidélité, des choses qu'on oublie tout le temps, nous les humains. Ça ne calcule pas, ça n'escompte pas, ça n'a rien à vendre, ça endure tout. Moins que nous, plus que nous, autres que nous, et toujours avec nous. 

 

Alors on l'a enterrée, Yunnan, ma Yuyu, ma fille, en lui répétant ce que je lui avais déjà dit lorsqu'elle n'était pas morte, quand on avait nos moments de bonheur : tu étais tellement gentille, je t'aime tant, que j'espère de toutes mes forces qu'on se reverra, qu'on se retrouvera. Je t'aime.

 

Et Mme VJ n'y trouve rien à redire. Elle pleure aussi.

 

 

PS : son fils, Erroll (son frère, donné, s'appelait Eros (il était noir, et les anciens égyptiens disait : Eros est un dieu noir)), qui vivait dans l'ombre presque exclusive de sa maman, est recroquevillé au plus profond de l'ombre des arbres. Quand j'arrive, et l'appelle, il bat de la queue un instant, puis reste dans son effondrement.  Bien sûr, on parle de chiens. Erroll cherchait à sauter sa mère quand  elle avait ses chaleurs ; il la poussait sans cesse pour prendre les caresses à sa place. Bien sûr. Des zanimaux.

 

Mais tout le monde fait ça. Les chaleurs mènent l'humanité. On se bouscule pour les honneurs et les distinctions. On nous a seriné sans cesse que l'homme blabla avait une âme et les zanimaux blabla n'en avaient pas, mais le désespoir de mon chien ressemble drôlement à ma propre peine.

 

Et, parfois, je me suis surpris à préférer mes chiens à certains lézards plus ou moins verticaux de ma connaissance.

 

  

24092009-007.jpg

 

 

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Published by Vieux Jade - dans sauvages
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commentaires

sans objet 08/09/2011 01:20


Ce qui meurt en vous et en votre Yuyu meurt dans votre peine parce que la peine qui vous appartient fait partie de l'espace et du temps qui vous sont impartis.

http://1.bp.blogspot.com/-r2yIJXZCqvY/TjqjuGg5DAI/AAAAAAAADF4/sfg3sDRVBFg/s320/a9.jpg

Ce qui en vous et en Elle ne meurt pas se trouve dans votre joie parce que votre joie n'a pas d'appartenance.

http://static.photo.net/attachments/bboard/00Z/00Z9bE-387241584.JPG

Ainsi après la mort de ce qui meurt,la joie demeure dans la liberté de ce qui ne meurt pas ni de vous-même ni de votre Yuyu.


Namasté


Vieux Jade 08/09/2011 10:02



Merci, c'est comme cela que je vois les choses. Vos liens ne fonctionnent pas.



Narf 03/09/2011 23:14


Oui, je sais, j'abuse, encore moi.
Trouvé suite à la page de Ferlin de ce soir: http://www.youtube.com/watch?v=9sZVqxVpJqk&feature=player_embedded#

Oui, je sais, celles de la page de Ferlin sont beaucoup mieux. Comme d'hab, sa page vaut le détour: http://www.suivi-soleil.com/article-rester-debout-83271643.html


Narf 03/09/2011 20:23


Erreur de manip: c'est le 3ème lien "gallery" que je voulais donner.


Narf 03/09/2011 20:20


Juste parce que je viens de recevoir le lien, et que je trouve le regard de ce clermontais très intéressant: http://www.ipernity.com/doc/herv34800/show


Narf 03/09/2011 20:04


Merci Yog pour ton lien! Heu... j'avoue qu'il m'est très utile! Mais va falloir que je me le repasse en boucle pour que mon cerveau ou mon coeur percute bien! Ha là là! Y'a du boulot!

Non, c'est vrai Vieux Jade?!! Vous avez vraiment acheté des fleurs de B. pour votre chien?!! Ha là là..


Vieux Jade 04/09/2011 09:44



Oui, il les prend avec difficulté, à la cuillère.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.