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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 10:00

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Le monde dont nous tournons la page, mais qui s'agrippe de toutes ses forces a privilégié, privilégie encore officiellement - car il occupe toujours le devant de la scène - le mental, ce qui calcule.

 

Le mental est roi. Le roi est nu, bien sûr, tous les enfants le savent et le disent, mais les nervis nerveux font régner le calme et l'ordre.

 

Dans l'empire qui s'écroule, les plus prudents des vassaux commencent à gonfler les bouées, et les autres font réunion sur réunion pour trouver LA solution.

 

Il suffirait de demander aux enfants, bien sûr. Mais comme c'est entièrement gratuit et non diplômé, un enfant, évidemment, ça semble complètement farfelu.

 

La pyramide qui s'effondre délègue fébrilement ses milliers de tentacules à la recherche des cerveaux serviles qui lui donneront le sursaut, l'orgasme.

 

Mais Saint Georges disait : la bandaison, papa, ça n'se commande pas.

 

La pieuvre réclame partout des cerveaux. Cerveaux wanted. Mais l'accumulation de tous les cerveaux serviles reptiles ne peut en aucun cas enrayer la putréfaction qui gagne tout.

 

Dans un petit village proche de celui dans lequel je suis né, un soldat  mourut au XIXème siècle de la syphilis contractée pendant le service, après l'avoir généreusement distribuée. 

 

Il en vint un dicton : les zabitants eud'Thioune y sont comme les pouères (les poires), y périssont par la queue.

 

Le monde de la pieuvre périt par la tête. C'est pourquoi elle délègue partout des chasseurs de têtes, pour perdurer. La pourriture de la tête gagne le système nerveux. Tout tombe peu à peu en panne. Dans les luxueux bureaux des tours de verre et de fil de fer, des gens dépressifs, haineux, épuisés et surmenés tentent désespérément de fluidifier une montagne de données de plus en plus pressantes et sans solution. Les cellules du corps ne reçoivent plus de nourriture, mais sont mises en demeure de produire de plus en plus d'énergie, de pédaler en rond sur un monstrueux vélo afin d'assurer la survie du bulbe.

 

Et sous les coups de fouet et le battement des tambours, la chiourme donne encore et encore, toujours plus. Jusqu'à ce qu'elle meure de fatigue, de faim, de désespoir, ou qu'elle se révolte.

 

Pourtant, il suffirait de le demander aux enfants : ce monde ne meurt pas d'une maladie de la tête, non. La tête ne meurt qu'après que le coeur ait disparu.

 

La pieuvre s'écroule parce qu'elle a ignoré son coeur. Elle l'a mangé avant toutes autres choses. C'est cette absence de coeur qui tue la bête. 

 

La pieuvre est un monstre sans coeur qui a cru que ne comptait que la satisfaction de l'estomac, et que la tête suffisait et suffirait toujours à le remplir.

 

 

Gorgone2[1][1] 

Elle a connu son heure de gloire, et son triomphe. Et maintenant elle agonise, sous nos yeux, et en nous. Et elle a horreur de ça. De sa défaite publique.

 

La pieuvre est extrêmement bête, mais très dangereuse. Elle est un stade de notre expérience collective. Son fiasco est l'annonce d'une renaissance.

 

Si elle avait une once d'intelligence, dans toutes ses têtes,c'est des coeurs qu'elle enverrait chercher, comme Maléfique réclamait celui de Blanche Neige. Dépêcherait des chasseurs de coeurs. Mais elle ignore parfaitement qu'elle n'a pas de coeur, car il y a longtemps qu'elle l'a remplacé par une immense vitrine, où tout est à vendre.

 

Elle croit sincèrement, malgré toutes ses têtes toujours renouvelées, que les lumières scintillantes de ses boutiques et la pulsation machinale de ses villes obscures sont des signes de vie, le battement d'un coeur.

 

Mais aucune de ces têtes coupées ne sait cela : la Bête est morte, depuis l'origine.

 

Ne survivront à son désastre que les enfants au coeur pur, quel que soit leur âge. 

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Published by Vieux Jade - dans extrême
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commentaires

Narf 07/12/2010 20:48


"Seigneur, je ne suis pas digne de vous recevoir..."


naradamuni/sans, ni+, ni- 07/12/2010 16:36


... toujours essayer de pédaler pour sortir de la semoule.

« Lire les Ecritures en remontant leur cours ..., pour finir, retourner dans ce paradis à la façon du fils prodigue, être accueilli par un pardon qui est l’envers d’une colère mais n’ouvre pas
grand ses bras pour autant, être accueilli par un serpent qui ravale ses conseils et fait office de concierge, inaugurer sa nouvelle villégiature par un strip-tease définitif renonçant une fois
pour toutes à la culotte de feuille de figuier, et terminer tout nu parmi les jujubiers - enfin pénétrer plus profondément dans l’Eden, renoncer au travail comme à la mort et recracher le fruit
pour connaître un semblant de paix. »
Ruines-de-Rome - Pierre Senges
http://peripheries.net/article255.html


Vieux Jade 07/12/2010 16:59



Merci, c'est un beau texte, je vais voir le lien.



Narf 05/12/2010 15:34


"Tous les mots" sur la difficulté de s'entendre ou d'y entendre quelque chose: une ballade à vélo offerte par Mickey 3D. On peut toujours essayer de pédaler pour sortir de la semoule.

http://www.linternaute.com/video/597/mickey-3d-les-mots/


LLéa 04/12/2010 18:30


Bonsoir ,


Merci Jade .


Areu ..... maman m'appelle , c'est l'heure de mon biberon et changement de couche !


:)


Bisous , Léa .


Vieux Jade 04/12/2010 18:47



Ça va être aussi bientôt l'heure du biberon pour moi. Côte d'Auxerre blanc et Marselan (région d'Arles). :)



Saint-songe 04/12/2010 10:17


C'est Babel-Ouèbe !


Vieux Jade 04/12/2010 10:47



Bravo, excellent. :)


 



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.