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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 08:58

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L'existence physique de Jésus, prophète pour les uns, fils de Dieu pour d'autres, mythe pour d'autres encore, voire pure affabulation et mensonge, est plus qu'incertaine.

 

Depuis des siècles, la recherche patiente, des théologiens allemands en particulier, et des spécialistes en sémantique, philologie, mythologie, histoire, archéologie a creusé les faits, patiemment examiné mot à mot chacun des textes donnés comme canoniques ou apocryphes, les a comparés, nettoyés, débarrassés de leurs scories, leurs fautes, leurs ajouts, les a recoupés à d'autres textes provenant d'autres foyers culturels.

 

Pourquoi les allemands ? Parce que ces gens estimables ont été parmi les premiers protestants. Théodore Monod, protestant, et fils de pasteur, rappelait que "protestant" ne signifiait pas "qui proteste", mais "qui témoigne". J'irais même plus loin. Le protestant - pour éviter toute tentative d'assimilation : je ne suis pas protestant, pas franc-maçon, pas ci, pas ça, je marche, c'est tout - peut vraiment être compris comme celui qui témoigne (testus), à la face du monde (pro). C'est-à-dire que le protestant, selon les modernes critères du monde du mensonge, est un intégriste : il expose, et s'expose.

 

Les théologiens allemands se sont clairement exposés, en démontant l'artifice sur lequel reposait la religion catholique : l'existence d'un dénommé Jésus, fils de Dieu.

 

Ce sujet m'intéresse particulièrement, car je suis né dans une famille catholique, dont la branche mâle était plutôt aisée, hédoniste et sceptique, mais la branche femelle tombée dans la gêne pécuniaire terriblement rigoriste et castratrice. Je me réjouis que la seconde ne m'ait pas empêché d'écrire ceci en sirotant un Vacqueyras blanc "Domaine de la Jaufrette" 2008, alors qu'une pluie douce et sensuelle baigne le jardin, renvoyant chien, oiseaux et bonhomme à leurs niches particulières.

 

Mais en moi, ça laisse des séquelles. Un dieu effrayant qui condamnait par la bouche de ma vertueuse grand-mère puis de sa fille les méchants à l'enfer perpétuel, contraignait les enfants au silence, maudissait les divorcés, obligeait à manger de la viande (ce que les "chrétiens" ont imposé à un moment donné pour repérer les gnostiques), refusait sa pitié aux suicidés, c'est encore une part de moi qui n'est pas entièrement cicatrisée, et cette part a près de 2 000 ans. Pire, elle fait encore des ravages dans le monde qui m'environne.

 

Cette part meurtrie et meurtrière, Timothy Freke et Peter Gandy l'appellent "littéralisme". Pour eux, la détermination des littéralistes et l'opportunisme de l'empereur Constantin et de ses successeurs ont permis, entre le IIème et le Vème siècle (principalement,mais ça n'a jamais cessé) d'écraser presqu'entièrement tout ce qui relevait de la Gnose et du "gnosticisme".

 

Pour qui aime les définitions, je me définirais comme gnostique agnostique. C'est justement le fait d'accepter de ne pas savoir, et donc de chercher sans cesse jusqu'à l'épanouissement de la Conscience qui définit le gnostique. Et la conviction que la source du Vrai est en nous, et pas ailleurs; et surtout pas dans un dogme obligatoire et la prétendue infaillibilité d'un étron mitré.

 

Les dogmatiques (littéralistes) ont cru(c'est une croyance, donc un aveuglement, volontaire ou non), à la suite d'escrocs comme Irénée, Hyppolyte (celui qui brise les chevaux), Augustin d'Hippone et autres Tertullien  qu'un certain Jésus était réellement né en l'an zéro selon lui-même, et tout le blabla qu'on vous a inculqué, avec pour conséquences la soumission des esprits devant l’intercession du clergé entre nous et le Noüs, et toute l'effrayante violence qui en a résulté jusqu'à maintenant.

 

Comprenez-vous pourquoi on ne peut pas simplement rejeter, condamner, et refermer la parenthèse ? Pourquoi je ne peux me contenter d'être le gnostique que je suis profondément, si je ne pardonne pas sept fois, pardon, sept fois soixante-dix sept fois - aux littéralistes dont je descends aussi, si je n'explore pas jusqu'au tréfonds la culpabilité, le venin, le poison qui en découle nécessairement ?

 

Il faut bien que quelqu'un pardonne les curés qui ont refusé aux suicidés l'accès à leur cimetière, les évêques prévaricateurs, les nantis bien pensants, les fous qui ont torturé et brûlé, et les pauvres envieux qui jouissaient de la faillite des "libertins" qui leur faisaient si peur.

 

Merde, c'est le premier tour des votations législatives, et j'ai fini le Vacqueyras. Bon, alors, par anticipation je vote au deuxième tour "Côte d'Auxerre" rouge 2007 de chez Bersan, à Saint-Bris le Vineux. L'étymologie est toujours d'un précieux secours. Le saint Bris en question signifie qu'on est sur un territoire de pierre fragmentée. Sous-sol calcaire et terre argileuse, où la vigne s'enracine bien, qui lui délivre de l'humidité en période sèche, comme une éponge, et donne au vin ce caractère à la fois riche et somptueux (l'argile) et minéral que j'aime tant (la roche calcaire brisée (bris)).

 

Jésus était appelé : la Vigne, dont nous serions les ceps, les enfants. Les mystiques musulmans, descendant peut-être des gnostiques ébionites (les plus rigoristes et étriqués des gnostiques juifs), ont sans cesse célébré l'ivresse, qu'elle fût strictement mystique, ou provoquée par les substances idoines, comme l'a par exemple défendu John Allegro.

 

C'est dimanche, et, en bon chrétien (c'est ainsi que se nommaient les cathares, qu'ils fûssent* ou non "parfaits"),je rends à Dionysos le culte qui lui revient. Car ce demi-dieu né d'une mortelle - Sémélé - et d'un dieu - Zeus, qui en a baisé un maximum -, est le parfait prototype du Christ Jésus. Comme tant de demi-dieux avant lui : Attis, Adonis, Mithra, Osiris, Jean Passe (c'est une blague, mais pourtant, parmi les 1/2 dieux, on pourrait dire que Jean Passe est des meilleurs, non ?)

 

Parce que le demi-dieu, mesdames, mesdemoiselles (j'emmerde les cafards qui ont récemment passé comme Ubu le faisait des nobles les "demoiselles" à la trappe), messieurs, c'est nous.

 

C'est le message que les littéralistes et les tyrans nous ont volé.

 

Moi qui haïssais saint Paul pour une foule de passages sexistes, autoritaires, brutaux, je découvre que seules sept des treize épîtres qui lui sont attribuées sont authentiques, et encore, ces sept sont truffées d'interpolations, tordues et tronquées. Le travail d'Eusèbe, et de ses barbouzes au service de Constantin, pour éradiquer celui que les gnostiques considéraient comme le plus pur enseignant de la Gnose, et dont la renommée était trop grande pour qu'on le supprime. Futé : on n'enlève rien ou presque, on ajoute des saloperies qui deviennent ainsi "paroles d'évangile", et on visse le peuple.

 

Et Paul (paulus, le petit), de flambeau de la Gnose devient ainsi le bras armé de la Bête catholique, apostolique et romaine.

 

Et le monde plonge dans l'oubli de soi, et de sa destinée. 

 

Que dit le mythe ?

  

Nous sommes tous nés d'un dieu et d'une mortelle. Et du monde de la mort, celui où nous nous débattons, nous devons activer et ramener, sans attendre quelque secours que ce soit d'un Dieu extérieur hypothétique, le dieu (le Père)qui est en nous, uni au profond et parfait amour de la déesse méprisée (la Mère) qui a été le deuxième terme originellement expulsé pour que le système duel amène la conscience ultime, qu'on appelle "le fils". C'est alors la Résurrection. 

 

De Freke et Gandy, deux livres ont été édités en français : Les Mystères de Jésus, qui fait le point sur le "mythe Jésus", et ses relations avec les Mystères "païens" et juifs (thérapeutes, esséniens). Ce livre d'un abord facile est extrêmement documenté (270 pages et 90 pages de notes), ce qui permet aux sceptiques toutes les vérifications nécessaires. Bien sûr, aucune note ne suffira à convaincre ceux qui, comme le littéraliste Tertullien, pensaient que tout ce qui annonçait le Christ dans les traditions passées était une tentative prévisionnelle du diable pour détourner de la foi en cet être unique qui, tout le démontre, n'a jamais "existé", puisque c'est un être mythique, qui illustre la chute de l'esprit dans la matière, et la manière d'en remonter.

 

Pour ceux qui craindraient une mélasse du genre Da Vinci Code, rien à voir.

 

Le deuxième tome parle du contenu du christianisme gnostique originel. 

 

Autant dire que c'est l'exposition complète des mythes gnostiques du monde dit "païen" et du bassin méditerranéen.

 

Si ces sujets vous intéressent, n'hésitez pas une seconde. Ces deux livres sont clairs, bien structurés, d'un abord facile et, pour ceux qui aiment les détails, la précision, et la vérification, bourrés de notes en fin d'ouvrages.

   

Si la dépense est lourde, faites l'impasse sur le premier, qui sert principalement à évacuer définitivement l'hypothèse catholique d'un gonze né en l'an zéro dans une crèche entre deux herbivores, d'un père qui n'était pas son père.

   

Concentrez vous alors sur le second : "Jésus et la déesse égarée". J'ai sans cesse eu envie d'en citer des passages, mais je n'aurais pas su m'arrêter.

 

Et si vraiment l'enseignement de la Gnose vous passionne, ne manquez pas un vrai bijou sur Mani, que son auteur, François Favre, a mis neuf ans à rédiger, lui aussi d’une lecture limpide, agrémenté de textes rares.  

   

 

* pour qui ça intéresse, voici ce que pouvait être le verbe "Être" en normand.

 

 

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Published by Vieux Jade - dans fleurs des champs
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commentaires

vous le savez 15/06/2012 17:02


Si vivre est pas visible ?


bof


Il y en a qui en font une religion.


 

LLéa 15/06/2012 01:57


Coucou Jadou,


 



Marc 4 22



Car il n'est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour.


 


:)

Vieux Jade 15/06/2012 07:14



C'est cela seul qui maintient en vie. Merci.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.