Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 00:00

Par l'un de mes écrivains préférés, un constat de la réalité du monde où nous existons. Pour le gnostique, l'architecte de ce monde est un fou. Son oeuvre est un cauchemar.

 

Ce serait désespérant si nous n'étions que naturels. Si nous n'avions pas une autre nature. Si cette réalité n'était pas un film, une sorte d'hallucination.

 

"L'homme est un isthme entre la lumière et l'obscurité", dit Jalal Eddine Rumî.

 

La lumière est le monde d'où nous venons. L'obscurité, la matière que nous animons.

 

Sans la lumière, c'est-à-dire si nous perdons le souvenir que nous ne sommes pas vivants ici, mais uniquement immergés dans une réalité altérée, nous subissons le règne de la terreur.

 

Aujourd'hui, C'est notre terre toute entière qui subit l'assaut d'êtres privés de lumière, dont le but est de vaincre, régner, et demeurer ici dans cette dimension, cette réalité. Telle est l'impression que nous laissent les événements en cours.

 

En fait, c'est notre propre obscurité qui nous tourmente et cherche à nous aspirer. A aspirer cette lumière qu'elle hait et aime tant.

 

Place à M. Dino Buzzati :

 

"Elle eut, dans son sommeil, un faible gémissement.  

A la tête de l'autre lit, assis sur le divan, il lisait à la lumière concentrée d'une petite lampe. Il leva les yeux. Elle eut un léger frémissement, secoua la tête comme pour se libérer de quelque chose, ouvrit les paupières et fixa l'homme avec une expression de stupeur, comme si elle le voyait pour la première fois. Et puis elle eut un léger sourire.

- Qu’y a-t-il, chéri ?

- Rien, je ne sais pas pourquoi mais je ressens une espèce d'angoisse, inquiétude…

- Tu es un peu fatigué du voyage, chaque fois c'est la même chose et puis tu as un peu de fièvre, ne t'inquiète pas, demain ce sera passé.

 

Elle se fut pendant quelques secondes, en le fixant toujours, les yeux grands ouverts. Pour eux qui venaient de la ville, le silence de la vieille maison de campagne était vraiment exagéré. Un tel bloc hermétique de  silence qu'il semblait qu’une attente y fût cachée, comme si les murs, les poutres, les meubles, tout, retenaient leur respiration.

 

Et puis elle dit, paisible :

Carlo, qu’y a-t-il dans le jardin ?

Dans le jardin ?

Carlo, je t'en prie, puisque tu es encore debout, est-ce que tu ne voudrais jeter un coup d'oeil dehors, j'ai comme la sensation que …

Qu’il y a quelqu'un ? Quelle idée. Qui veux-tu qu'il y ait dans le jardin en ce moment ? Les voleurs ? Et il rit. Ils ont mieux à faire, les voleurs, que de venir rôder autour d’une vieille bicoque comme celle-ci.

Oh ! je t’en prie, Carlo, va jeter un coup d’œil.

 

Il se leva, ouvrit la fenêtre et les volets, regarda dehors, resta stupéfait. Il y avait eu de l'orage l'après-midi et maintenant dans une atmosphère d'une incroyable pureté, la lune sur son déclin éclairait de façon extraordinaire le jardin, immobile, désert et silencieux parce que les grillons et les grenouilles faisaient justement partie du silence.

 

C'était un jardin très simple : une pelouse bien plane avec une petite allée aux cailloux blancs qui formait un cercle et rayonnait dans différentes directions : sur les côtés seulement il y avait une bordure de fleurs. Mais c'était quand même le jardin de son enfance, un morceau douloureux de sa vie, symbole de la félicité perdue, et toujours, dans les nuits de lune, il semblait lui parler avec des allusions passionnées et indéchiffrables. Au levant, à contre-jour et sombre par conséquent, se dressait une barrière de charmes taillés en arches, au sud une haie basse de buis, au nord l'escalier qui menait au potager, au couchant la maison. Tout reposait de cette façon inspirée et merveilleuse avec laquelle la nature dort sous la lune et que personne n'est jamais parvenu à expliquer. Cependant, comme toujours, le spectacle de cette beauté expressive qu'on peut contempler, bien sûr, mais qu'on ne pourra jamais faire sienne, lui inspirait un découragement profond.

Carlo, appela Maria de son lit, inquiète, en voyant qu’il restait immobile à regarder. Qui est là ?

Il referma la fenêtre, laissant les volets ouverts et il se retourna :

Personne, ma chérie. Il y a une lune formidable. Je n’ai jamais vu une semblable paix.

 

Il reprit son livre et retourna s'asseoir sur le divan.

 

Il était onze heures dix.

 

À ce moment précis, à l'extrémité sud-est du jardin, dans l'ombre projetée par les charmes, le couvercle d'une trappe dissimulée dans l'herbe commença à se soulever doucement, par à-coups, se déplaçant de côté et libérant l'ouverture d'une étroite galerie qui se perdait sous terre. D’un bond, un être trapu et noirâtre en déboucha, et se mit à courir frénétiquement en zigzag.

Suspendu à une tige un bébé sauterelle reposait, heureux, son tendre abdomen palpitait gracieusement au rythme de sa respiration. Les crochets de l'araignée noire se plongèrent avec rage dans le thorax et le déchirèrent. Le petit corps se contorsionna, détendant ses longues pattes postérieures, une seule fois. Déjà les horribles crocs avaient arraché la tête et maintenant il fouillaient dans le ventre. Des morsures jaillit le suc abdominal que l'assassin se mit à lécher avidement.

Tout à la volupté démoniaque de son repas, il n’aperçut pas à temps une gigantesque silhouette sombre qui s'approchait de lui par derrière. Serrant encore sa victime entre ses pattes, l'araignée noire disparut à jamais entre les mâchoires du crapaud.

Mais tout, dans le jardin, était poésie et calme divin.

Une seringue empoisonnée s'enfonça dans la pulpe tendre d’un escargot qui s'acheminait vers le jardin potager. Il réussit à parcourir encore deux

centimètres avec la tête qui lui tournait, et puis il s’aperçut que son pied ne lui obéissait plus et il comprit qu'il était perdu. Bien que sa conscience fut obscurcie, il sentit les mandibules de la larve assaillante qui déchiquetait furieusement des morceaux de sa chair, creusant d'atroces cavernes dans son beau corps gras et élastique dont il était si fier.

Dans la dernière palpitation de son ignominieuse agonie il eut encore le temps de remarquer, avec une lueur de réconfort, que la larve maudite avait été harponnée par une araignée-loup et lacérée en un éclair.

Un peu plus loin, tendre idylle. Avec sa lanterne, allumée par intermittence au maximum, une luciole tournoyait autour de la lumière fixe d’une appétissante petite femelle, languissamment étendue sur une feuille. Oui ou non ? Oui ou non ? Il s'approcha d'elle, tenta une caresse, elle le laissa faire. L'orgasme de l'amour lui fit oublier à quel point un pré pouvait être infernal une nuit de lune. Au moment même où il embrassait sa compagne, un scarabée dorée d’un seul coup l’éventra irrévocablement, le fendant de bout en bout. Son petit fanal continuait à palpiter implorant, oui ou non ? que son assaillant l'avait déjà à moitié englouti.

À ce moment-là, il y eut un tumulte sauvage  à un demi-mètre de distance à peine. Mais tout se régla en quelques secondes. Quelque chose d'énorme et de doux tomba comme la foudre d’en haut. Le crapaud sentit un souffle fatal dans son dos, il chercha à se retourner. Mais il se balançait déjà dans l'air entre les serres d'un vieux hibou.

 

En regardant on ne voyait rien. Tout dans le jardin était poésie et divine tranquillité.

 

La kermesse de la mort avait commencé au crépuscule.

 

Maintenant elle était au paroxysme de la frénésie. Et elle continuerait jusqu'à l'aube. Partout ce n'était que massacre, supplice, furie. Des scalpels défonçaient des crânes, des crochets brisait des jambes, fouillaient dans les viscères, des tenailles soulevaient les écailles, des poinçons s’enfonçaient, des dents trituraient, des aiguilles inoculaient des poisons et des anesthésiques, des filets emprisonnaient, des sucs érosifs liquéfiaient des esclaves encore vivants. Depuis les minuscules habitants des mousses : les rotifères, les tardigrades, les amibes, les tecamibes, jusqu'aux larves, aux araignées, scarabées, aux mille-pattes, oui, oui, jusqu'aux orvets, aux scorpions, aux crapauds, aux taupes, aux hiboux, l'armée sans fin des assassins de grand chemin se déchaînait dans le carnage, tuant, torturant, déchirant, éventrant, dévorant. Comme si, dans une grande ville, chaque nuit, des dizaines de milliers de malandrins assoiffés de sang et armés jusqu'aux dents sortaient de leur tanière, pénétraient dans les maisons et égorgeaient les gens pendant leur sommeil.

 

Là-bas dans le fond, le Caruso des grillons vient de se taire à l'improviste, gobé récemment par une taupe. Près de la haie la petite lampe de la luciole broyée par la dent d’un scarabée s’éteint. Le chant de la reinette étouffée par une couleuvre devient un sanglot. Et le petit papillon ne revient plus battre contre les vitres de la fenêtre éclairée : les ailes douloureusement froissées, il se contorsionne prisonnier dans l'estomac d'une chauve-souris. Terreur, angoisse, déchirement, agonie, mort pour mille et mille autres créatures de Dieu, voilà ce qu’est le sommeil nocturne d’un jardin de trente mètres sur vingt. Et c'est la même chose  dans la campagne environnante, et c'est toujours la même chose au-delà des montagnes aux reflets vitreux sous la lune, pâle et mystérieuse. Et dans le monde entier c'est la même chose, partout, à peine descend la nuit : extermination, anéantissement, et carnage. Et quand la nuit se dissipe et que le soleil apparaît, un autre carnage commence, avec d'autres assassins de grand chemin, mais une égale férocité. Il en a toujours été ainsi depuis l'origine des temps et il en sera de même pour des siècles jusqu'à la fin du monde.

 

Maria s’agite dans son lit, avec de petits grognements incompréhensibles. Et puis, de nouveau elle écarquille les yeux, épouvantée.  

-   Carlo, si tu savais quel terrible cauchemar je viens de faire. J'ai rêvé que là dehors, dans le jardin, on était en train d'assassiner quelqu'un.  

Allons, tranquillise-toi un peu, ma chérie, je vais venir me coucher moi aussi.

Carlo, ne te moque pas de moi, j'ai encore cette étrange sensation, je ne sais pas, moi, c'est comme si dehors dans le jardin il se passait quelque chose.

Qu'est-ce que tu vas penser là …

Ne me dis pas non, Carlo, je t'en prie. Je voudrais tant que jette un coup d'oeil dehors.

 

Il secoue la tête et sourit. Il se lève, ouvre la fenêtre regarde.

 

Le monde repose dans une immense quiétude, inondée par la lumière de la lune. Encore cette sensation d'enchantement, encore cette mystérieuse langueur.

 

- Dors tranquille, mon amour, il n'y a pas âme qui vive dehors, je n'ai jamais vu une telle paix."

 

 

 

Merveille extraite du recueil "le K" 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

LLéa 31/08/2013 21:50


Merci Jade,


 


C'est trop, trop, trop beau!


Carlos, lui qui sait tout, n'en parle point pour ne pas la peiner, par amour.


Maria, qui fait semblant de le croire, par amour, plus grand encore ....


C'est boulversant. Snif, ;)


 


Bisous,


 



Ned 29/08/2013 19:47


Alors je prends avec toute l'entièreté de l'affection .merci !

Ned 29/08/2013 12:48


La VIE, la notre, c'est ce qui les em-"bête"  le plus car elle est cette séparation entre le blanc et le noir . 


Les frères De Bélizal entre autres radiesthésistes célèbres ( et d'autres au paravant) plaçaient les couleurs du spectre lumineux sur un cercle  avant de connaitre l'infra rouge et l'ultra
violet.  Au delà de linfra rouge il y a le NOIR . au de là de l'ultra violet il y a le BLANC  qui viennent se rejoindre et se "toucher" sur le cercle sur un point de liaison très
puissant qu'ils avait appeler le VERT NÉGATIF !


Ned, tout court sans le M. c'est plus convivial que M.Ned Non ?


Merci M. VJ !

Vieux Jade 29/08/2013 12:53



Merci pour ces précisions. "Mister" c'est affectueux, pas cérémonieux, Ned :)



l'homme invisible 29/08/2013 10:04


Le texte décrit excellemment le décor, le monde naturel. Pour ce que dit Ned, quelques précisions ici : http://fr.scribd.com/doc/42166881/La-Lignee-du-Serpent 

Vieux Jade 29/08/2013 11:16



Merci, très intéressant. Comme je le disais à M. Ned, ça rappelle Mouravieff, les PO, et puis, tout bonnement, ce fameux "péché originel" auquel plus personne ne croit (moi non plus, d'ailleurs,
jusque là). Mais, vu sous cet angle, surtout si on enlevait l'irritant "péché", on aurait alors : l'erreur qui se trouve à la base de notre présence ici, dans ces conditions, et ce serait plus
facile à comprendre.


Un clin d'oeil : en note de pied de page, on trouve : 2. Il est
amusant et instructif de décomposer le mot géhenne : ce mot grec vient d’un mot hébreu composé de : gay — gorge profonde, vallée étroite, de
même racine que gevah — fierté (pride en anglais), arrière, derrière, et de hinnom : lamentation, du nom d’une vallée étroite située entre la
colline “du mauvais conseil” au nord et le plateau appelé ’plaine des Rephaim’ au sud (Rephaim est le nom d’une lignée de géants sataniques)!



Ned 29/08/2013 08:28


Entre le noir et le blanc il y a donc la VIE et bien sûr la fin de celle-ci !


Constat que l'on est à même de faire tous les jours de notre existence mais qu'il n'est pas sain de resasser n'est ce pas !


Alors d'un commun accord nous faisons comme si ...!


MAIS il y a des "Saloperies" noires qui torturent et tuent pour d'autres raisons que "de se nourrir" et sur ceux là il n'est pas sain de  de faire comme si !


Amitiés.

Vieux Jade 29/08/2013 11:11



Bonjour, M. Ned. Avant de vous répondre je suis allé lire le texte proposé par M. l'invisible. Intéressant, ça me rappelle les "portails organiques" et Mouravieff. Oui, il y a un monde entre se
nourrir et les "saloperies" noires. Vous avez raison.



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.