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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 12:00

Vint le temps où ce monde, après d’infinis travaux d’approche, sombra sous les assauts d’une puissance criminelle. Dès lors,  ses habitants ne furent plus que des prisonniers.  

 

Nombreux étaient ceux qui l’ignoraient et se croyaient libres, puisqu’au fronton de leurs temples, c’était inscrit, en lettres majuscules : « ENFIN LIBRES » « ET POUR TOUJOURS », et que leurs maîtres et leurs gardes le leur rappelaient à chaque instant.

 

Libres d’obéir, libres de répéter les leçons du jour, et de toujours, libres d’aimer ce qu’il est normal et sain d’aimer, de faire ce que tout le monde fait, de la manière correcte et approuvée par l’autorité librement consentie.

 

Certains cependant voyaient, pour leur plus grand malheur, les choses différemment.

 

Pour ceux-là, il existait une prison dans la prison. Des murs creusés au plus profond des murs, dans le cœur inexpugnable des rochers, d'où nul être doté d’un corps ne remonterait jamais sans laisser-passer.

 

C’était tout simplement l’enfer, dont on ne sortait que rompu, vidé, émietté, parfaitement nettoyé de tout désir, de toute joie, de toute humanité, ou bien mort.

 

Pour comble de raffinement, les bourreaux mettaient en œuvre les techniques de préservation les plus sophistiquées, pour que les prisonniers vivent et endurent le plus longtemps possible les implacables tortures qu'on leur infligeait.

 

Car le but de cette entreprise n’était pas tant la rééducation, comme l’envisageaient les bourreaux des régimes brutaux du XXème siècle, que l’impitoyable vengeance que les créatures inhumaines, emplies de haine pour toute lumière voulaient tirer de ceux qui conservaient des traces d’humanité.

 

Il n’y avait nul moyen de sortir de cette nasse. Impossible de se laisser mourir de faim, car on y était vite nourri de force. Les murs, les objets usuels, tout était lisse et mou, afin que nul ne s’y fracasse ou s’y entaille.

 

Tout accident, toute défaillance étaient vite réparés, comme au temps de l’Inquisition ou des geôles politiques, où les médecins venaient soigner les corps pantelants, afin qu’ils puissent encore et encore subir de nouvelles avanies.

 

Jonas avait depuis longtemps perdu le compte des jours, des mois, et des années. Avait-il trente, cinquante, ou soixante ans ? N’ayant aucun moyen d’évaluer le temps, puisque son existence interminable se déroulait dans des salles ternes, sans fenêtres, rompue par des tracasseries de toutes sortes, des séances d’abrutissement et de torture toujours aléatoires, des périodes de sommeil brisées, des tâches stupides et viles, toujours interrompues puis recommencées, il l’ignorait.

 

Son âme épuisée vivait prostrée dans un corps usé mais soigneusement entretenu, en pleine forme. Son désespoir était immense, car ce cauchemar semblait ne jamais devoir se terminer.

 

Deux mots lui revenaient, de son enfance perdue, et tournaient dans sa mémoire : enfer éternel.

 

C’est l’enfer, pensait-il. Les autres prisonniers ne le voyaient même plus, pas plus qu’il ne les distinguait, eux, errants perpétuels au gré des couloirs et des zones de sécurité, fantômes gris entre les gardes rapides et brutaux. Nous sommes en enfer, pour toujours.

 

Mourir : que ce mauvais rêve prenne fin, qu’une brèche s’ouvre dans les parois, que la vie, la lumière, les couleurs, l’air libre fassent irruption, balayant tout, il n’y songeait même plus, tant les souvenirs du passé s’estompaient, s’effilochaient.

 

Un jour, cependant, qu’il attendait dans sa cellule – attendre, encore, toujours, le prochain contrôle, un nouvel interrogatoire, de nouvelles règles, une enquête tardive sur des faits oubliés depuis longtemps – un bruit étrange lui parvint. Un bourdonnement ténu, comme le bruit d’un petit moteur cherchait à s’introduire dans sa mémoire. Qu’est-ce donc, qu’est ce bruit ?

 

Il lui fallut de longues minutes pour se souvenir qu’il existait, autrefois, dans une autre vie, sur un autre continent, depuis longtemps perdu, des créatures ailées dont le vol produisait ce genre de ronronnement.

 

Puis il la vit. C’était un être de petite taille, de la longueur d’une phalange, peut-être, rayée de jaune et de brun, à la taille effilée. Son nom lui échappait. Il chercha, puis y renonça. Sa tête aussi bourdonnait. Comment faire un tel effort ?

 

Peut-être était-elle entrée par une bouche d’aération, pensa-t-il. Sans en être certain, il lui semblait que la prison était enfouie profondément sous terre.

 

Sa conscience appauvrie par les sévices et la détention revint à l’étrange nouveauté : la longue série du temps vient d’être interrompue par l’irruption d’un être imprévu et familier.

 

Depuis des siècles, pareille chose ne s’était jamais produite.

 

Il fit un effort, puis se souvint : ces bêtes étaient craintes des gens, sous le soleil, car elles avaient un dard venimeux, dont la blessure brûlante faisait souffrir.

 

Avant. Il y avait si longtemps que le temps d’avant avait reflué, qu’il eût du mal à en rappeler ces scènes : ces insectes jaunes, ces guêpes, voilà, c’était le mot : des guêpes, une femme, une voisine, qui en avait écrasé une sous son pied, un jour, puis la même femme une heure plus tard, qu’une autre guêpe avait piquée sans aucun avertissement, comme si la seconde avait vengé sa sœur, et lui – moi, pensait-il, et pour la première fois depuis longtemps, il pensait à lui, reprenait conscience de lui-même, moi, Jonas, je vivais à la campagne, dans un jardin, avec des arbres, de l’herbe, des animaux, une femme – ma femme – et des enfants, mes enfants, et les larmes coulèrent.

 

Et toute sa vie revint d’un coup, sa vie d’avant la mort : les parents, les grands parents, les oncles et les tantes, et les cousins, à coups de poings, parfois, et les cousines, hautaines, mais c’étaient des filles, et les filles sont de dangereuses personnes, l’immense royaume de l’enfance et ses complicités, ses félonies et ses alliances, les bois, les champs et les ruisseaux, le cœur battant de la nature, les courses dans les bois, et les ruisseaux, la vie, la joie, les bêtes prises au collet, et le triomphe et le remords, la chasse, les oncles, le père, et la colère, les filles, les femmes, la femme, ma femme, l’église et le curé, les noces et les danseurs, les nuits de feu et de velours, la gaieté du matin, le ventre rond, la longue attente, et soudain l’irruption d’une vie nouvelle, dans un cri unique et impatient, la vie, encore, qui pétillait et dévalait les collines, les fêtes, l’alcool, l’accordéon, les amitiés et les combats, l’indignation devant le vol, le viol et le mensonge, l’indignation devant le mal et la fausseté, qui met debout et ouvre les poitrines à la mitraille, le vol, la trahison, l’abjecte trahison et les calculs, les hordes casquées, les coups, les dents cassées, le sang, les soumissions, les redditions, les tractations, dénonciations, les sourires faux et l’abandon, tout s’écoula en un instant ; tout revenait vivant comme à l’instant, à croire que cette prison n’était qu’un songe.    

 

Des larmes creusaient ses joues ; des larmes ! Il y avait si longtemps que son cœur était sec, et mort, comme de la cendre, de la poussière, qu’il en fut stupéfait.

 

Le bourdonnement le ramena. Les guêpes, les gens les détestaient et les tuaient à coups de bombes chimiques. Moi, je les aimais. Je préservais leurs nids, dans ma boîte aux lettres, dans des trous de serrure. Au printemps, les mères lourdes comme de gros avions exploraient pesamment tous les orifices à la recherche d’un havre de paix pour y déposer leurs œufs. Plus tard, les jeunes guêpes d’un jaune éclatant découvraient le monde. Je n’ai été piqué que deux ou trois fois : à la fesse, quand je me suis assis sur une bestiole distraite, à la main, quand j’ai grimpé à l’échelle, et qu’une autre dormait sur un barreau.

 

La progression de leur poison commençait dans un embrasement local, puis suivait les canaux des nerfs, voire des méridiens, au point que certains guérisseurs s’en servaient comme remède.

 

Tous ces gens étaient maintenant morts ou en détention. Toute vie naturelle était définitivement proscrite. Le jardinage, la cueillette et l’élevage étaient considérés comme un crime majeur, relevant des tribunaux d’exception.

 

Ceux qui soignaient avaient été ramassés et mis à l’ombre, dans cette poubelle.  

 

A table, l’été, quand nous mangions dehors, se souvenait-il, les convives s’impatientaient, et faisaient de grands gestes pour éloigner les guêpes importunes. Je trouvais cela bête et drôle, et je riais. J’avais fait alliance avec elles, et souvent, elles se posaient sur ma peau nue, me chatouillant de leurs petites pattes, nettoyant mes pores des impuretés qui les nourrissaient.

 

Les gens, et même ma famille, me trouvaient bizarre, pour cela. Mais je me moquais d’eux. Je leur montrais les couleuvres que je prenais dans les massifs de fleurs, au pied des murs de la maison, enroulées dans mes doigts, et ils s’éloignaient en maugréant.

 

Il se surprit soudain à sourire. Sourire ? Pleurer ? Qu’est-ce qui m’arrive ?

 

Soudain l’angoisse lui broya le ventre : que va-t-il se passer ? Que vont-ils me faire ? Ils vont savoir que j’ai pleuré, que j’ai souri ! Ils savent tout, voient tout. Je serai puni, battu, cassé, brisé, encore, encore. Le désespoir longtemps contenu le submergea, et la peur l’étreignit. Je suis en enfer, et n’en sortirai jamais. Jamais.

 

La guêpe continuait à voleter en cercles irréguliers.

 

Il y avait si longtemps qu’il n’avait pas eu de compagnie, de contact amical, qu’il l’appela du fond de son cœur. Au moins, ils ne le verront pas. Personne ne peut le voir, entendre ce cri silencieux.

 

Viens, suppliait-il, viens, approche-toi de moi, viens, par pitié, Seigneur, priait-il, et cela aussi, c’était nouveau, nouvelle et neuve nouveauté, prier, prier, espérer, rire et pleurer, Seigneur, fais qu’elle vienne jusqu’à moi, et sa volonté se rassemblait en sa gorge, en sa poitrine, comme une vague énorme se rassemble, s'accumule avant de déferler, viens, viens, je t’en supplie …

 

Seigneur, je ne prie plus depuis tant d’années, et d’années …

 

J’ai vécu tant de temps, sur ce récif, où Tu m’as abandonné, dans cet enfer … peut-être est-ce Toi, en cet insecte, qui m’apparais, je ne T’ai jamais abandonné, moi, même si ma confiance a disparu, durant des siècles, atomisée, regarde, vois, je suis encore vivant, j’attends, j’attends que Tu me fasses un signe, et de nouveau j’espérerai, je croirai, comme si le temps n’existait pas, comme si Toi et moi n’avions fait que baisser les yeux un instant, j’oublierai ce cauchemar, cet enfer abominable où j’ai perdu jusqu’à Ton souvenir, et à la conscience de mon existence …

 

La guêpe se posa sur sa main. Immobile d’abord, elle entreprit de grimper à son poignet. Puis elle s’envola, et se posa sur son crâne rasé.

 

Alors, il eut une idée.

 

C’est ma seule chance, pensa-t-il.

 

Il fit le vide en lui, puis, quand le calme se fut installé, il lui fit sa demande.

 

Je n’ai pas d’autre choix, je t’en prie, fais-le, faites le, pour moi, moi qui fus, qui suis l’ami des guêpes, l’ami du soleil et du vent, qui ai aimé la Terre et la nature, moi qui ai aimé rire et chanter, et l’amitié, moi qui aimais les femmes et les enfants, et les réunions d’amis et de famille, les grandes disputes entre tribus, les grands voyages et les projets, moi qui n’ai plus de vie depuis si longtemps, moi qu’ils ont jeté en enfer, dans cette fosse, je vous en prie, faites-le pour moi …

 

Il y eut un instant de paix et de silence, une éternité sensible, puis la guêpe s’envola.

 

Deux heures plus tard, au moment du tour de garde, alors que les prisonniers attendaient, debouts, chacun devant la porte grise de sa cellule, on entendit des cris dans les couloirs ripolinés, des bousculades, des bruits d’objets qui heurtaient le sol mou. Les gardes se précipitèrent. Puis refluèrent en hâte, en grand désordre, heurtant des meubles qui tombaient, dans un fracas assourdi.

 

Soudain, du couloir principal, surgit une nuée d’insectes furieux, vrombissants, incontrôlables et dangereux. Gardes et prisonniers s’étaient dispersés ou jetés au sol.

 

Jonas restait debout devant la porte de sa cellule. Il avança d’un pas, bien droit, le visage clair, le regard limpide.

 

Et les insectes l’entourèrent, et se posèrent sur lui, en une masse compacte et vibrante.

 

L’étreinte dura longtemps, longtemps, une minute, peut-être, sous les yeux stupéfaits des gardes terrorisés et des prisonniers incrédules, puis la colonne vivante que formaient l’homme et les insectes s’affaissa lentement en se dissociant.

 

Les guêpes se séparèrent de la poupée inerte qui s’effondra alors sur le sol.

 

Avant que sa conscience enfin libre et joyeuse, emplie d’amour et de reconnaissance ne quitte son corps blessé, transpercé de toutes parts, Jonas sût que la vie donne toujours un baiser d’adieu et de paix à ceux qui ont aimé cette Terre, l'ont aimée d’Amour.  

 

 

 

 PS : je m'absente pour une dizaine de jours. Le blog est en pilotage automatique.

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Published by Vieux Jade - dans fleurs des champs
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commentaires

elba 01/09/2013 22:53


"Libres d’obéir, libres de répéter les leçons du jour, et de toujours, libres d’aimer ce qu’il est normal et sain d’aimer, de
faire ce que tout le monde fait, de la manière correcte et approuvée par l’autorité librement consentie..."


 


Elle est terrible, cette 'liberté-là' !!!


Mais si nous y réfléchissons bien, nous y sommes.


Et il m'arrive de me dire parfois que la seule solution d'en sortir, c'est de mourir, effectivement.


"moi, j'aimerais que la terre s'arrête pour descendre"... Mais bon ! si nous sommes encore et toujours dans le manège, c'est
bien qu'il doit y avoir une raison à cela ? C'est ce que je m'efforce de me dire lorsque le blues veut montrer le bout de son nez.


 


En vous lisant, VJ, j'ai pensé à Guantanamo et à toutes les prisons du monde dans lesquelles nous ne savons pas vraiment ce
qui s'y passe d'abject (le mot est faible.)


 



Vieux Jade 08/09/2013 21:24



C'est une nouvelle, le trait est appuyé. Je voulais montrer le prodigieux pouvoir de la nature, qui vainc et vaincra toujours les choses grises. Le monde n'est pas si gris, ici, dans ma tête.
Mais il existe des enfers sur terre.



Elena 31/08/2013 15:09


Après le bouillonement; c'est la mort du petit prince qui me revient en tête, n'appelle-t-il pas le serpent ?


Mais, non, je crois que cette demande du petit prince venait de l'attachement à la perte de la rose.


Pourtant, cela semble cohérent, le "baiser de la mort" n'est pas différent de "la paix du jardin" dans toute sa beauté et sa cruauté.


 


 

Vieux Jade 08/09/2013 21:19



Merci pour l'acuité du regard, c'est la même chose, je ne l'avais pas vu ;)



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.