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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 07:50

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Vous avez entièrement raison, me dit-il.

 

Je sais faire ces petites courbettes de remerciement modeste qui sont appréciées dans le cirque humain. Je fais cette petite courbette de la nuque. Si j'ai raison, c'est que j'apporte de l'eau au moulin de mon interlocuteur, dont les idées et l'horizon s'éclairent soudain.

 

J'ai raison, il m'aime. Il met ma carte de visite virtuelle dans son portefeuille. Ce gars là me plaît, pense-t-il.

 

J'ai par mes propos mis un peu d'ordre dans l'embrouillamini ambiant, et l'ordre plaît à tout le monde, tant qu'il n'est pas sclérosé.

 

Cet ordre là lui plaît en particulier, il s'harmonise à sa tendance du moment. Un autre genre d'ordre aurait pu le contrarier. Il m'aurait alors considéré d'un air furibond, et m'aurait assassiné d'une phrase sèche ou purement et simplement assommé selon son niveau de polissage.

 

Politesse ? Des fois j'm'embrouille. 

 

J'ai raison, tu as tort. Forcément. S'il m'arrive de douter, et parfois de reconnaître que je n'ai pas raison sur un truc ou un autre, pas plus que quiconque, je ne crois spontanément que j'ai tort. J'ai plutôt tendance à croire que j'ai raison. 

 

Croire systématiquement qu'on a tort n'est pas envisageable dans la durée. Vous remarquerez que tort, c'est tordu, et raison, c'est right, de la même famille que droit, rail, raide, rayon, roi, riche, droit.

 

Le riche a raison. Son truc fonctionne. Il est d'autant plus convaincu de son droit à imposer sa raison. Et de prendre possession du monde. A force d'avoir tort, les autres tordus finissent par le déranger du monde rangé où il rayonne. Il ne comprend pas à quoi servent les pauvres et les inadaptés. Depuis Darwin et un peu plus tard Hitler, Staline et Mao, il a un début d'explication, et des solutions. 

 

Dans le monde duel, le bien est à droite et le mal à gauche. Sinistre. Maintenant qu'on cause verlan, depuis Mitterand au minimum, les choses s'inversent. Le bien devient le mal, et vice versa. Il est bien d'être à gauche, et pas d'être à droite. Quoique ça change régulièrement. Ce qui était bien hier n'est plus bien, et lycée de Versailles. Comme au tennis. Comme un éventail. C'est rafraichissant, mais ça ne mène pas loin.

 

Quand on sera enfin sorti de la dualité, on cessera d'attribuer à l'un le mal, à l'autre le bien.

 

Je refuse d'avoir raison.

 

Considérons une montagne. Tout le monde - sauf les culs de jatte, ça va de soi - a un jour ou l'autre gravi une éminence (une montagne, pas un membre du clergé). Quant on se livre à ce genre de sport, parfois on arrive suant et hors d'haleine à un palier d'où soudain nous pète à la gueule un paysage splendide - sauf les aveugles, ça va de soi-, qu'on met du temps à  intégrer.

 

Oh, c'est ma maison, là-bas ? Comme elle est petite !

 

Et là, c'est machin, là c'est truc ? Comme c'est beau !

 

C'est ça, la vérité, la raison. Tu lèves ton cul de ta chaise, tu grimpes la montagne, et soudain se découvrent des choses que tu n'avais jamais remarquées, quand tu avais le nez dessus. Pourquoi un tel veut tel champ, et pas un autre, parce que ci ou ça. C'était pas pour emmerder les voisins, mais parce que c'est la logique du paysage.

 

Quand on monte, on devient un peu plus sage. Mais cette frêle raison cède à mesure qu'on monte. Plus on monte, et plus le cercle de l'horizon s'agrandit. Des fermes voisines, on passe aux royaumes limitrophes. On comprend qu'un tel fasse la guerre à l'autre qui lui refuse l'accès à l'eau, ou que l'autre, acculé aux montagnes se défende aussi âprement.

 

Oui, mais ce n'est pas tout.

 

Un jour que j'étais dans la montagne, pas bien haut, j'ai vu le voisin qui donnait une claque à son fils. Quelle brute, m'indigné-je !

 

Redescendu, j'appris que c'était pour lui faire cracher un fruit toxique avalé par mégarde.

 

 

   

PS : Amis lecteurs, devant l'offensive du printemps, je vais me mettre un peu en veilleuse. A bientôt.  

 

 

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Published by Vieux Jade - dans attention ça pique
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commentaires

http://grooveshark.com/#!/albumdieu ou autre chose 07/04/2012 19:23


j'ai pas remis une couche ok,


merci de l'aprécier..


si vous n'avez rien à dire taisez vous .

dieu ou autre chose 06/04/2012 20:36


pour essayer de faire pardonner ma connerie..


 


http://www.youtube.com/watch_popup?v=P9605V_A6NY


 


 

Vieux Jade 06/04/2012 23:52



C'est la planète des singes ?



LLéa 06/04/2012 20:30


:)


 


Hameçon. Amecon.


 


Peut pas mordre, n'ai plus de dents.


 


Bonne soirée a toutes et tous,

dieu ou autre chose 06/04/2012 20:19


Zut alors .vous n'avez pas mordus à l'hamecon...


 


 

LLéa 06/04/2012 20:14


:)))


 


Mystère. Vous ne le saurez jamais ... Moche c'est d'abord, dans les gestes, les actes, et les paroles. Bien a vous.


 



Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.