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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 19:57

17

Dans son livre sur le symbole du Pôle chez Hergé, PG Sansonetti trouve ici et là semés des 111, 144 et 153, selon la guématrie de l'alphabet français.

 

Étant assez imperméable au symbolisme des nombres et des chiffres, ayant l'esprit peu pythagoricien, j'avoue que cet exercice me dépasse un peu.

 

Les mots me sont tant plus familiers ! Mais l'abondance, voire la surabondance, la redondance de ces nombres et de leurs dérivés étonne. En bon sceptique - car une moitié de moi doute de tout -, j'imagine qu'on peut retrouver quel chiffre on souhaite dès lors qu'on plie un peu le texte à son présupposé.

 

J'apprécie quand même ce livre qui m'échappe un peu pour deux raisons : il corrobore d'autres analyses qui personnellement me conviennent mieux : Augereau et surtout, Portevin. Ensuite il fournit une trame là où les exégètes, défricheurs et pionniers de l'oeuvre d'Hergé ne faisaient - réduction non péjorative vue l'importance de leurs travaux - qu'accumuler des données convergentes.

 

Ce préambule achevé, je remarque que le nombre 153 est assez récurrent. Il met bien sûr en relation avec le verset 21.11 de Jean, évangéliste favori des cathares, des chevaliers du Temple (avec Pierre, pas évangéliste mais gardien des clefs, signale Michel Lamy), et des franc-maçons avant leur annihilation ou leur subversion respective.

 

153 est le développement de 17. En français, la lettre correspondante par le rang numérique est l'indispensable Q.

 

Il m'est revenu que j'ai écrit sur cette lettre, qui désigne la curiosité (du cur latin : pourquoi ?) sous toutes ses formes.

 

J'ai peu de choses à y ajouter, si ce n'est que l'esprit en éveil est bien la clef qui ouvre l'accès à la complétude. Les paresseux, qui veulent passer leur existence à dormir, ne se servent de "pourquoi" que dans cette seule phrase : pourquoi se casser la tête?

 

Frappez, dit le Christ, il vous sera ouvert. Questionner, utiliser ses talents, labourer sa terre, comme disaient les alchimistes et Jean de la Fontaine, c'est le véritable labeur qui nous incombe. Travailler à la sueur de notre front, et, de la douleur qui résulte de la séparation, tirer le fruit sont, pour paraphraser M. de Sully, les deux mamelles du succès. 

 

Pas de 153, pas de récolte, de pêche miraculeuse, de vendange sublime sans le labour, le travail incessant qui consiste à retourner la terre des apparences pour y faire pousser les graines que le Ciel y apporte. Pas de 153 sans 17.

 

17 symbolise la Quête par dépouillement successif. On approche de Dieu, du Réel par abandon de tout ce qui n'est pas Dieu, le Réel.

 

Un mètre carré moyen recevant près de 50 000 graines par an, qui sont au point de vue du psychisme humain autant de suggestions, d'influences, autant dire que le travail ne s'arrête pas à gratter la terre, mais aussi à interroger chaque pousse : qui es-tu ?

 

S'exerce alors l'art du discernement.

 

Je ne voudrais pas vous décourager et vous ramener au camp de ceux qui dorment, mais c'est du boulot, du boulot et du boulot.

 

Ora, lege, lege, lege, relege, labora et invenies. Fastoche, non ?

 

A un certain moment du questionnement, le mental n'a plus de réponse. Ou tant de réponses qu'aucune ne suffit, quand toutes se télescopent et se contredisent.

 

C'est le moment de se foutre à poils, comme dans l'arcane XVII. Poser ses fringues, poser ses habitudes, ses choix, ses influences, ses trouilles, ses foutus acquis. Vidons les pots. Boire, d'ailleurs, permet de vider les pots sous une double forme, car le débridement (jusqu'à un certain point) permet l'approche du naturel : in vino veritas. 

 

l_etoile-1-.jpg

 

Peut-être le temps vient-il de vider les pots, de vider le vieux vin, les vieilles réponses, les anciennes conceptions, pour ouvrir un oeil neuf sur ce qui advient.

 

Dans ce cas, comme de tous temps, la peur, les réflexes conditionnés et les théories rhumatisantes doivent être jetés à la poubelle.

 

On passe alors de l'indispensable stade du questionnement incessant, travail opiniâtre, à celui de la confiance et de l'espérance, qui est un abandon total.

 

Il va de soi que seuls ceux qui ont creusé sans relâche la mine des apparences pour en extraire la précieuse moelle peuvent alors tout lâcher et voler.

 

Les autres s'appesantiront encore davantage dans le plomb du sommeil.

 

Ce n'est pas une malédiction, c'est un choix. 

 

Nous venons tous librement. Pourquoi demeurer dans les chaînes ? 

 

 

Ora, lege, lege, legeOra lege lege lege relege labora et inveniesOra lege lege lege relege labora et invenies

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Published by Vieux Jade - dans sauvages
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commentaires

Narf 31/05/2011 21:22


Le pire c'est de ne pas s'apercevoir que nous sommes libres, ou bien d'être libre et de ne pas s'en rendre compte. Selon ma fille ( encore!!) Brecht disait que ceux qui parlent de liberté ne la
connaissent pas. Sinon, ils la vivraient simplement et n'en parleraient pas. Ceux qui en parlent c'est qu'ils ne la vivent pas. Bon, j'ai pas vérifié ses sources... y'a encore beaucoup de boulot!!!


Vieux Jade 01/06/2011 09:53



Libres fondamentalement, ontologiquement, oui, mais retenus par tant de liens...ne serait-ce que les besoins naturels.



Narf 31/05/2011 21:17


Je disais hier soir à ma fille combien j'étais épatée par l'air neuf, le souffle nouveau qu'insufflaient vos billets... que vous alliez toujours plus loin, et que cela ne tarissait pas depuis plus
d'un an que j'ai découvert ce blog (et je n'ai pas parlé de la musique). Encore là ce soir, après celui d'hier, je me demande comment vous faites? Comment? Pourquoi? Où allez-vous chercher ça pour
mieux révéler, questionner, saisir, faire entrepercevoir...
bon, ensuite, comme vous dites, "y'a du boulot". C'est juste, très bien vu, très vrai. Pour cette vérité, ces petits bouts de vérités, Vieux Jade, merci!


Présentation

  • : Le jardin de Vieux Jade
  • : Arrivages du jour, légumes secs, mauvaises herbes, quelques trucs qui arrachent la gueule. Taupes, censeurs et culs bénits s'abstenir. Si vous cherchez des certitudes, c'est pas l'endroit.
  • Contact

Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux, fumier des plus belles fleurs.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

 

Une précision concernant les commentaires : n'ayant pas toujours le temps ni l'énergie de répondre aux commentaires, ceux-ci restent ouverts, sans aucune garantie que j'y réponde. Je me réserve cependant le droit de sabrer les inconvenances, dont je reste seul juge.

 

Ici, je n'est pas un autre.

Recherche

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Lisez-Moi Lisez Moi Lisez Moi

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.